Le budget mobilité est un dispositif belge qui permet aux travailleurs disposant d'une voiture de société de convertir tout ou partie de cet avantage en un budget destiné à des alternatives de déplacement plus durables.
Introduit par la loi du 17 mars 2019, ce mécanisme était jusqu'ici entièrement facultatif. Ce n'est désormais plus le cas : le gouvernement De Wever a décidé de le rendre obligatoire pour les employeurs qui octroient des voitures de société, avec une mise en œuvre progressive à partir de 2026.
Pour les équipes RH et les gestionnaires de flotte, comprendre ce cadre — et s'y préparer — est devenu une priorité. Ce guide fait le point sur les règles en vigueur, les changements de 2026 et ce qu'il faut faire dès maintenant.
À retenir en un coup d'œil
- Le budget mobilité devient obligatoire — déploiement progressif à partir de 2026.
- Depuis le 1er janvier 2026, seuls les véhicules 100 % électriques sont éligibles au Pilier 1.
- Le dispositif est neutre en coût pour l'employeur (calculé sur le TCO de la voiture abandonnée).
- Montants 2026 : minimum 3 233 € — maximum 17 244 € par an et par travailleur.
- Le choix appartient toujours et exclusivement au travailleur — jamais à l'employeur.
1. Qu'est-ce que le budget mobilité ?
Le budget mobilité permet à un travailleur qui a droit à une voiture de société d'y renoncer — en totalité ou en partie — en échange d'un budget équivalent au coût total de possession (TCO) de cette voiture.
Ce budget peut être utilisé pour financer des solutions de mobilité alternatives réparties en trois piliers distincts, chacun bénéficiant d'un traitement fiscal propre.
Puisque le budget est calculé sur le TCO du véhicule auquel le travailleur renonce, l'employeur ne supporte aucun coût supplémentaire : le budget mobilité est un mécanisme de substitution, pas un avantage additionnel.
2. Les trois piliers
🚗 Pilier 1 — Voiture de société éco-responsable
Le travailleur peut opter pour une voiture de société moins chère et plus respectueuse de l'environnement. Le solde restant est automatiquement reversé dans les Piliers 2 et/ou 3.
Changement critique au 1er janvier 2026 : seuls les véhicules 100 % zéro émission (électriques) sont désormais éligibles. Les hybrides rechargeables et tous les véhicules thermiques — y compris ceux auparavant acceptés sous le seuil de 95g CO₂/km — ne sont plus admis.
🚲 Pilier 2 — Mobilité douce et durable
Le pilier le plus avantageux fiscalement. Les dépenses sont exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations ONSS pour le travailleur. Sont éligibles :
- Vélos (classiques, électriques, cargo) et accessoires
- Cyclomoteurs et motos électriques, tricycles zéro émission
- Abonnements aux transports en commun (train, tram, bus, métro) — également pour les membres du ménage
- Mobilité partagée : covoiturage, autopartage, taxis — zéro émission uniquement dès 2026
- Frais de logement si le domicile est situé à moins de 5 km du lieu de travail
💶 Pilier 3 — Versement en espèces
Le solde non utilisé en fin d'année est versé en cash. Ce paiement est soumis à une cotisation spéciale de sécurité sociale de 38,07 % (à charge du travailleur), mais est exonéré d'impôt sur le revenu des personnes physiques et de cotisations patronales ONSS.
3. Qui est concerné ?
Du côté de l'employeur : l'obligation (ou la possibilité) d'offrir le budget mobilité s'applique aux employeurs qui ont mis à disposition une ou plusieurs voitures de société pendant une période cumulée de plus de 36 mois, consécutifs ou non.
Du côté du travailleur : le travailleur doit disposer d'une voiture de société ou y avoir droit selon la politique de la société. Il doit également compter au moins 3 mois d'ancienneté et avoir bénéficié (ou eu droit) d'une voiture pendant au moins 3 mois.
Point de vigilance : un travailleur qui renonce à sa voiture de société ne peut en redemander une pendant une période d'au moins 3 ans, sauf changement de fonction substantiel.
4. Paramètres financiers 2026
Le montant du budget mobilité correspond au TCO de la voiture abandonnée par le travailleur. La loi fixe des planchers et des plafonds annuels, indexés chaque année.
| Paramètre | Montant (2026) |
|---|---|
| Budget annuel minimum | 3 233 € |
| Budget annuel maximum | 17 244 € |
| Plafond en % du salaire brut | Maximum 20 % du salaire brut annuel total |
Si le TCO est inférieur au plancher, le travailleur reçoit quand même le minimum. S'il dépasse le plafond, le budget est limité au maximum légal.
5. Ce qui change en 2026
L'année 2026 marque un tournant décisif pour le dispositif. Voici les évolutions concrètes à retenir :
| Thème | Avant 2026 | Dès le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Pilier 1 — voiture | Voitures jusqu'à 95g CO₂/km admises | 100 % électrique uniquement |
| Pilier 2 — véhicules motorisés | Options faibles émissions acceptées | Zéro émission uniquement |
| Pilier 2 — mobilité partagée | Tous véhicules partagés éligibles | Taxis et autopartage zéro émission uniquement |
| Caractère obligatoire | 100 % facultatif | Déploiement obligatoire progressif |
6. Le calendrier de l'obligation
L'accord de gouvernement De Wever prévoit de rendre le budget mobilité obligatoire pour tous les employeurs qui octroient des voitures de société. Cependant, la trajectoire législative a pris du retard.
Statut législatif — mars 2026 : la loi devait initialement entrer en vigueur le 1er janvier 2026. Les textes législatifs n'ont pas pu être déposés au Parlement à temps. La publication officielle au Moniteur belge est désormais attendue pour avril 2026 ou plus tard. Les employeurs doivent surveiller de près la parution du texte définitif.
| Taille de l'entreprise | Échéance prévue |
|---|---|
| 50 travailleurs et plus | 1er janvier 2027 |
| 15 à 49 travailleurs | 1er janvier 2028 |
| Moins de 15 travailleurs | Non obligatoire (exemptés) |
Ces échéances ne s'appliquent qu'aux employeurs ayant fourni une voiture de société pendant plus de 36 mois cumulés.
7. Traitement fiscal et cotisations sociales
L'un des atouts majeurs du budget mobilité réside dans son architecture fiscale favorable, en particulier pour le Pilier 2 :
| Pilier | IPP (travailleur) | ONSS (travailleur) |
|---|---|---|
| Pilier 1 — voiture éco | Avantage en nature taxé normalement | Règles habituelles |
| Pilier 2 — mobilité douce | ✓ Exonéré | ✓ Exonéré |
| Pilier 3 — cash | ✓ Exonéré | Cotisation spéciale 38,07 % |
Pour l'employeur : aucune cotisation ONSS patronale n'est due sur aucun des trois piliers, à condition que le budget soit strictement équivalent au TCO du véhicule abandonné. C'est un avantage considérable par rapport à tout autre mécanisme de rémunération alternatif.
8. Ce que les équipes RH doivent faire dès maintenant
Que votre entreprise soit déjà au-dessus ou en dessous des seuils obligatoires, se préparer en avance est fortement recommandé. Voici un plan d'action concret :
- Auditez votre flotte : identifiez depuis combien de temps vous octroyez des voitures et quels travailleurs sont éligibles au budget mobilité.
- Révisez votre politique voiture : vérifiez si elle mentionne (ou exclut) le budget mobilité et mettez-la à jour en conséquence.
- Électrifiez le Pilier 1 : assurez-vous que votre catalogue leasing ne propose plus que des véhicules 100 % électriques pour le Pilier 1.
- Informez vos travailleurs : chaque travailleur éligible doit recevoir une information claire, objective et complète sur le dispositif — montant auquel il aurait droit, options disponibles, modalités d'exercice du choix.
- Mettez en place un processus administratif : définissez comment vous calculerez le TCO, validerez les dépenses Pilier 2 et traiterez le versement cash annuel du Pilier 3.
- Suivez l'actualité législative : surveillez le Moniteur belge pour la publication de la loi sur le caractère obligatoire, attendue entre avril et juin 2026.
- Envisagez une plateforme mobilité : des outils comme Mbrella, Skipr ou similaires automatisent les choix des travailleurs, la validation des notes de frais et le reporting.
Conclusion
Le budget mobilité n'est plus un avantage RH de niche — il devient un élément central de la politique de rémunération et de mobilité de toute entreprise belge qui octroie des voitures de société.
Les réformes de 2026 durcissent significativement les exigences environnementales (électrique uniquement pour le Pilier 1, zéro émission pour la mobilité partagée du Pilier 2), tandis que la législation obligatoire en cours d'adoption envoie un signal politique fort : tous les employeurs significatifs octroyant des voitures de société seront bientôt contraints légalement de proposer cette alternative à leurs travailleurs.
Pour les RH et les gestionnaires de flotte, la fenêtre pour agir de manière proactive est ouverte maintenant. Les entreprises qui structurent une offre de budget mobilité claire, conforme et bien communiquée avant les échéances légales seront mieux positionnées pour attirer les talents, réduire leur empreinte carbone et tirer pleinement parti des avantages fiscaux du dispositif.
Sources & lectures complémentaires
- Partena Professional — Ce qui change dans le budget mobilité en 2026
- Securex — Le budget mobilité devient obligatoire
- BDO Belgium — Mobility Budget 2026 FAQ
- KPMG Belgium — Mobility Budget in Belgium
- Vandelanotte — Mobility budget becomes mandatory: how to prepare?
- EY Belgium — Mandatory implementation of the Federal Mobility Budget
Document produit en mars 2026. Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.

